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L’artisan pose ici devant un mur de sa maison couvert de bardeaux décoratifs faits de sa main et une pensée qui rappelle que l’essentiel n’est pas dans la consommation mais que pour être heureux, il suffit de vivre bien, de rire souvent et d’aimer beaucoup.

ST-EDGAR

Ils sont certainement des milliers de gaspésiens à s’identifier comme des « gars de bois », affirmation qui d’ailleurs n’a pas encore trouvé son pareil au féminin. Cependant, l’expression prend tout son sens quand on rencontre l’artiste récupérateur Denis Forest.

Bien qu’il pratique le métier d’artisan à temps plein depuis près de 23 ans, Denis Forest ne fait pas beaucoup parler de lui. Pourtant, c’est un modèle dans le domaine de la réutilisation de matière et d’objets. Artiste autodidacte, il crée des pièces à la fois jolies, pratiques et chose certaine, toujours uniques. Avec son véhicule rempli de trésor, hiver comme été, Denis Forest court les marchés publics et les Salons de métiers d’art comme si son nom le prédestinait à être ambassadeur des richesses insoupçonnées de la forêt.

Créations Forest

Denis Forest, originaire de St-Alphonse, est maintenant établi à St-Edgar avec sa compagne Renée Picard qui pratique elle aussi plusieurs métiers d’art. Autodidacte ambitieux, l’état d’esprit de Denis Forest se défini en quelques mots : vivre pleinement, profiter des ressources à sa portée et s’entourer de gens qui dégagent le bonheur. « J’ai commencé à travailler le bois récupéré en Colombie-Britanique en 1990. Un ami s’était acheté une scie à ruban et je me suis mis à faire quelques jouets pour enfants. Quand j’ai terminé mon premier coffret, j’ai eu plus de commentaires positifs que pour tout ce que j’avais fait de ma vie ! J’ai donc pris un congé pour aller vendre quelques unes de mes créations dans un Salon de Noël. Mon patron m’a averti : « Si tu fais ça, tu ne reviens pas travailler ici. » J’ai fais le choix de vivre avec ce que la nature allait me donner comme défi. Je ne l’ai jamais regretté. »

Rencontré chez-lui, au royaume du bois récupéré, Denis Forest nous fait faire le tour du propriétaire : Un poulailler où vivent des dizaines de belle poules pondeuses, un enclos pour les dindes, un parc pour les poulets de grains, un chien quelques chats, un immense jardin et ce, sans oublier cet atelier rempli de bois trouvé ici et là, sur les plages ou ailleurs : « J’ai tout le temps été un gros récupérateur. Je dirais que presque tout ce que j’ai construit dans ma vie a été fait à partir de matériaux de seconde main. J’ai construit au moins 2 maisons, un chalet, un atelier, mon poulailler et j’en oublie. »

Nouveaux produits

Si Denis Forest est reconnu pour ses coffrets originaux faits de pièces de bois sélectionnées avec passion, il présente aujourd’hui aux visiteurs des salons et marchés de tout le pays une variété de produits dont, le bardeau décoratif, des cadres originaux et des cabanes à oiseaux. « Je reviens de Fredericton au Nouveau-Brunswick et j’ai vendu toute ma production de cabanes avant la fin du Salon. Ces derniers jours, en vue de me préparer pour le Salon des artistes récupérateurs qui se tient à la Biosphère de Montréal le 30 novembre, le 1 et le 2 décembre, j’ai du faire des 12 heures par jour en atelier. Tant que les gens aimeront mes œuvres, je continuerai… » Né dans une campagne tranquille pas très loin d’un ruisseau, le retour à la terre était pour Denis Forest une avenue évidente : « Étant le seul garçon d’une famille de 6 enfants, j’avais des droits inimaginables sur l’extérieur. À l’intérieur, avec mes cinq sœurs, c’était une autre affaire. » Depuis les années, Denis ne compte plus les détours qu’il fait pour dénicher la pièce unique qui fera une œuvre époustouflante : « Je trouve 90 % de mon matériel en nature et l’autre 10% ce sont des gens qui coupent des arbres dans leur cours et qu’ils remarquent qu’ils sont extraordinaires. J’en profite pour dire que si vous avez des arbres à faire couper, en particulier des essences comme le lilas, le vinaigrier, l’érable à Giguère, des pommiers ou des cerisiers, j’irai avec plaisir. Surtout s’ils sont vieux ou malades. »

Enfin, celui qui a toujours travaillé dans la coupe d’arbre et le débroussaillage est fier de dire qu’aujourd’hui ses coffrets se promènent partout dans le monde, où les gens sont libres de traverser les frontières : « Sans exagérer je dirais que j’ai bien fait 15 000 coffrets. Je les vends en Gaspésie, à Carleton, Bonaventure et Gaspé mais aussi partout au Québec et au Canada, dans les aéroports de Vancouver et Montréal ou encore dans les grandes boutiques touristiques comme celle du Château Frontenac. Les voyageurs peuvent repartir avec un petit morceau de la Gaspésie dans leurs bagages. »

source : Marianne Saint-Onge,

http://www.hebdosregionaux.ca/gaspesie/2012/12/03/vivre-en-partenariat-avec-la-nature